DES RÈGLEMENTS INJUSTES, CE N’EST PAS DE LA JUSTICE





Les amendes s’accumulent, entraînant des dettes et des démarches judiciaires complexes. Bien qu’il soit possible de contester un constat, peu de personnes disposent des ressources nécessaires pour le faire.

L’application du règlement peut renforcer un sentiment d’exclusion et nuire aux démarches de réaffiliation sociale. Les personnes concernées peuvent se sentir moins en sécurité ou moins légitimes dans l’espace public. La stigmatisation fragilise la cohabitation.

La dette en tickets des personnes en situation d’itinérance dépasse désormais 3 millions de dollars, à la Cour municipale de la Ville de Québec.
Pour la collectivité, l’application du règlement représente également des coûts important en ressources policières et judiciaires. Entre 2013 et 2022, 593 000 $ des salaires policiers ont été consacrés à la remise de constats d’infraction à des personnes en situation d’itinérance (Observatoire des Profilages, 2024).
Certaines personnes reçoivent des constats pour possession de matériel destiné à l'usage de drogues illicites, alors que ce même matériel est distribué par les organismes reconnus en réduction des méfaits, aux frais des contribuables. Cette situation crée un décalage entre les pratiques de santé publique et l’application du règlement municipal.
L’application de cet article touche de façon disproportionnée les personnes en situation d’itinérance ou de marginalisation. Selon l’Observatoire des profilages (2024), près du quart des constats remis à des personnes sans domicile fixe concernait le « flânage ».
Dans un contexte où les logements vacants sont plus nombreux que les personnes sans domicile, la pénalisation de comportements liés à la simple présence dans l’espace public soulève des enjeux importants.
Plus de 500 contraventions par année sont remises à des personnes qui mendient à Québec. Dans un contexte où les ressources financières disponibles, notamment l’aide sociale, sont insuffisantes pour couvrir les besoins essentiels, la mendicité est souvent utilisée comme stratégie de survie. La modification récente de l’article a défini les lieux où il est interdit de le faire, mais son application demeure arbitraire compte tenu de la portée de ces lieux.
En juin 2025, la Cour supérieure a rappelé que les abris de fortune ne peuvent être démantelés lorsqu’il manque de ressources d’hébergement. Malgré cela, le démantèlement quotidien d'abris persiste, aggravant ainsi la situation des personnes sans logement déjà dans une instabilité dépassant les normes acceptables de salubrité.
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